L’essentiel
- On estime à 2,1 milliards le nombre de femmes et d’adolescentes menstruées dans le monde, mais il existe peu de recherches solides sur les menstruations (ou règles).
- Les menstruations sont un processus naturel du corps, qui est vécu de diverses façons par les personnes menstruées. L’expérience peut être positive, neutre ou simple, douloureuse, honteuse ou stigmatisante. Les expériences négatives liées aux menstruations peuvent avoir un impact important sur la santé et le bien-être en général.[1]
- Plus de 2 femmes et filles sur 3 souffrent de douleurs menstruelles ; pour un plus petit nombre de personnes, la douleur menstruelle peut être très intense et survenir à d’autres moments du cycle.
- Chez beaucoup de personnes menstruées, les saignements sont abondants, ce qui peut entraîner une anémie ferriprive.
- Selon des données collectées entre 2000 et 2019, on estime à 500 millions le nombre de personnes dans le monde qui n’ont pas accès aux produits d’hygiène menstruelle ni aux installations appropriées pour répondre à leurs besoins de santé menstruelle, comme l’eau, l’assainissement et l’hygiène (WASH).
- D’après les données nationales récentes, environ deux écoles sur cinq (39 %) proposent une éducation à la santé menstruelle.
Vue d’ensemble
On estime à 2,1 milliards le nombre de femmes et d’adolescentes menstruées dans le monde (1).
Le cycle menstruel est un cycle mensuel que connaissent les femmes, les filles et certaines personnes de genres différents. Il est régulé par les hormones et dure en moyenne entre 21 et 35 jours. Dans la première moitié du cycle menstruel, la muqueuse de l’utérus s’épaissit. Vers la moitié du cycle, un ovaire libère un ovule (ovulation) et, s’il n’y a pas de grossesse à la fin du cycle, le sang et la muqueuse tissulaire de l’utérus sont évacués sous forme de flux menstruel.
La santé menstruelle suppose que la personne soit informée et accompagnée pour vivre ses menstruations dans la dignité, avant le premier cycle menstruel (ménarche), pendant la période de fertilité et jusqu’à la phase de la vie où les menstruations cessent (périménopause). Les personnes menstruées devraient :
- avoir accès en temps opportun à des informations précises et adaptées à l’âge à propos de la menstruation ;
- être en mesure d’accéder à des produits d’hygiène menstruelle efficaces et abordables ainsi qu’à des installations et services acceptables en matière d’eau, d’assainissement, d’hygiène (WASH) et de gestion des déchets, et pouvoir les utiliser ;
- être en mesure d’accéder à des services de diagnostic, de soins et de traitement en temps opportun en cas de difficultés ou de troubles menstruels ;
- ne pas subir de stigmatisation en raison des menstruations ; et
- être en mesure de décider librement de la possibilité et de la manière de participer à différents aspects de la vie durant toutes les phases du cycle menstruel.
Champ d’application de la santé menstruelle
Pendant leurs menstruations, les personnes peuvent présenter divers symptômes en plus des saignements menstruels, tels que des crampes ou douleurs, des ballonnements, des céphalées et/ou des changements d’humeur. En général, ces symptômes ne les empêchent pas de poursuivre leurs activités quotidiennes. Même si plus de 2 personnes sur 3 ressentent des douleurs menstruelles (2), celles-ci sont souvent supportables grâce à la prise d’antalgiques et d’autres traitements (bouillotte ou coussin chauffant). Cependant, certaines personnes peuvent ressentir une douleur menstruelle très intense, qui peut même survenir en l’absence de saignements. D’après une étude menée en 2023 dans 10 villes d’Asie du Sud et d’Afrique subsaharienne, près de la moitié des femmes menstruées présentent des saignements abondants (3), ce qui les expose à un risque d’anémie ferriprive. Le cycle menstruel est fortement lié à la santé mentale, et, pendant leurs menstruations, certaines personnes peuvent ressentir de l’anxiété, de la tristesse ou une humeur dépressive, de l’irritabilité ou d’autres changements d’humeur au cours du cycle, avant ou pendant les saignements. Ces symptômes peuvent être suffisamment graves pour nuire à la qualité de vie, aux relations sociales et à la participation aux activités scolaires ou professionnelles.
Des saignements menstruels imprévisibles, peu fréquents, très douloureux, abondants et/ou qui entraînent des changements d’humeur gênants ou d’autres symptômes perturbant les activités normales, pourraient être le signe d’une pathologie sous-jacente comme une endométriose, une adénomyose (présence du tissu endométrial dans le muscle utérin), un fibrome, une maladie de von Willebrand ou d’autres troubles hémorragiques, un syndrome métabolique ovarien polyendocrine (précédemment connu sous le nom de syndrome des ovaires polykystiques ou SOPK), un syndrome prémenstruel (SPM) ou un trouble dysphorique prémenstruel (TDPM), ou un déclin précoce de la fonction ovarienne (insuffisance ovarienne primaire). Les préoccupations relatives aux menstruations méritent d’être entendues et évaluées par les personnels de santé et d’aide à la personne car elles peuvent considérablement nuire à la qualité de vie et augmenter le risque de maladies de longue durée.
Une éducation à la santé menstruelle précise et adaptée à l’âge doit être dispensée aux enfants d’âge scolaire avant leurs premières règles, et devrait :
- expliquer que les menstruations sont un processus corporel naturel qui n’affecte pas la qualité de vie de la plupart des personnes ;
- décrire la manière d’utiliser et d’éliminer (ou de laver, sécher et réutiliser) les produits d’hygiène menstruelle qui absorbent ou collectent le flux menstruel de manière saine pour les personnes menstruées et pour l’environnement ;
- les informer que des symptômes inquiétants tels que la douleur, des saignements abondants, une humeur morose ou anxieuse, ainsi que l’absence ou la rareté de menstruations sont des raisons valables d’aller consulter ; et
- remettre en question les normes sociales négatives et les idées reçues liées au sang menstruel et au cycle menstruel.
Sans éducation à la santé menstruelle – ou avec une éducation inexacte ou dispensée par des éducateurs et éducatrices non formés – les personnes menstruées, leurs pairs, leur famille et les membres de la communauté risquent d’ignorer ou d’accepter des symptômes graves, ou de se sentir trop gênées pour demander de l’aide ou se faire soigner. De nombreux personnels de santé et d’aide à la personne ne sont pas suffisamment formés en santé menstruelle et ignorent ou minimisent parfois les symptômes liés aux menstruations, ce qui entraîne un diagnostic tardif ou une absence de diagnostic pour des problèmes de santé importants.
Selon la modélisation des données WASH collectées entre 2000 et 2019, on estime que 500 millions de personnes menstruées dans le monde n’ont pas accès à l’ensemble des produits d’hygiène, équipements et services qui favorisent la santé menstruelle et leur permettent d’avoir leurs menstruations dans la dignité (4). Beaucoup de personnes menstruées n’ont soit pas accès à des produits d’hygiène menstruelle à usage unique ou réutilisables, de fabrication locale ou industrielle, comme les serviettes périodiques, les tampons, les culottes menstruelles ou les coupes menstruelles, soit ces produits sont trop chers. À la place, elles utilisent des tissus, des chiffons, des feuilles, du papier ou d’autres objets pour absorber le sang menstruel. De plus, il n’existe actuellement aucune norme mondiale de sécurité garantissant que les produits d’hygiène menstruelle de fabrication locale ou industrielle sont sûrs, de qualité et exempts de produits chimiques nocifs. Les personnes menstruées peuvent en outre ne pas avoir accès à des endroits sûrs, propres et privés où elles peuvent se changer, laver et/ou sécher les produits d’hygiène menstruelle ; se laver les mains et le corps ; et éliminer les produits d’hygiène menstruelle usagés dans le respect de l’environnement. C’est important car, même si les personnes menstruées disposent d’une quantité suffisante de produits d’hygiène menstruelle qu’elles souhaitent utiliser, il est essentiel qu’elles disposent également de systèmes efficaces de gestion des déchets afin d’éliminer ces produits en toute sécurité, de sorte à protéger la santé des êtres humains, celle des animaux et celle de l’environnement.
Dans de nombreuses communautés, les personnes menstruées peuvent souffrir de stigmatisation menstruelle, ou d’attitudes, de croyances et de pratiques négatives liées aux règles. Ces croyances et attitudes négatives diffèrent d’une culture à l’autre et s’ajoutent à d’autres formes de stigmatisation. La stigmatisation menstruelle peut avoir des répercussions négatives sur la santé et le bien-être, le niveau d’études atteint, les salaires et les revenus issus d’un travail rémunéré, ainsi que le sentiment d’appartenance sociale et culturelle. Les normes sociales et les tabous concernant les menstruations tendent à propager le mythe selon lequel les règles sont quelque chose d’intrinsèquement sale ou impur et dont il faut avoir honte, amenant les personnes menstruées à penser que les règles doivent être cachées ou tenues secrètes.
Il n’existe pas suffisamment de recherches scientifiques de qualité sur les menstruations. Si l’on disposait de davantage de données factuelles de qualité sur les menstruations, les systèmes de santé pourraient proposer des soins menstruels de meilleure qualité, appuyer des politiques de santé qui améliorent l’expérience des personnes menstruées, lever les tabous et faire évoluer les attitudes autour des règles.
Quelles sont les personnes à risque ?
Étant donné qu’environ la moitié de la population mondiale a des menstruations à un moment ou à un autre de la vie, aider les personnes, dans toute leur diversité, à prendre soin de leur santé menstruelle et à vivre leurs règles dans la dignité constitue un enjeu mondial.
Selon des données nationales récentes, environ deux écoles sur cinq (39 %) proposent actuellement une éducation à la santé menstruelle, ce qui signifie que de nombreuses personnes qui ont leurs règles ne reçoivent pas une éducation à la santé menstruelle adaptée à leur âge avant d’avoir leur premier cycle menstruel.
La pauvreté menstruelle désigne le manque d’accès à des produits d’hygiène menstruelle de fabrication locale ou industrielle, ou leur indisponibilité, en raison de contraintes financières. La pauvreté menstruelle touche de manière disproportionnée les personnes qui ont leurs règles dans des milieux à faibles revenus, touchés par un conflit ou connaissant d’autres situations de crise humanitaire. Tout un ensemble de lois et de mesures peut contribuer à généraliser l’éducation à la santé menstruelle, à rendre les produits d’hygiène menstruelle abordables, à faire en sorte que les installations sanitaires soient acceptables et accessibles, et à améliorer l’accès aux services de santé menstruelle. Les besoins non satisfaits en matière de soins de santé menstruelle, associés à la stigmatisation et aux tabous liés aux règles, peuvent limiter les possibilités et les capacités des personnes menstruées à réaliser leur potentiel, à choisir librement leur mode de vie et à mener une vie digne.
Les personnes menstruées défavorisées courent un risque supérieur à la moyenne de souffrir de problèmes de santé menstruelle. Cela concerne les personnes ayant des handicaps intellectuels et/ou physiques ; les personnes sans-abri, incarcérées et/ou placées en institution ; les personnes migrantes et les personnes touchées ou déplacées par un conflit, les changements climatiques ou d’autres crises humanitaires ; les adolescents et adolescentes ainsi que les jeunes non scolarisés ; les ouvrières et ouvriers agricoles et les personnes qui travaillent dans le secteur informel ; les personnes vivant avec le VIH ; les peuples autochtones et les personnes qui appartiennent à des groupes raciaux ou ethniques minoritaires ; les personnes qui s’identifient comme étant lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, intersexes ou queer (LGBTIQ+) ; les personnes qui ont subi des mutilations génitales féminines ; les travailleurs et travailleuses du sexe ; et les personnes qui, par ailleurs, sont en situation de précarité économique.
Action de l’OMS
L’OMS promeut pour toutes et tous une gestion des menstruations saine, digne et exempte de discrimination, fondée sur les droits humains, l’égalité entre les genres et la justice sociale. L’Organisation collabore avec les États Membres et ses partenaires pour aborder la question de la santé menstruelle dans le cadre de ses activités visant à améliorer la santé et le bien-être des femmes dans le monde. Cela inclut l’élaboration de lignes directrices mondiales sur la santé menstruelle. Des lignes directrices mondiales sur l’endométriose sont également en cours d’élaboration. L’OMS promeut également la recherche en santé menstruelle qui vise à recenser et à poser les questions les plus importantes qui restent sans réponse liées à la santé menstruelle et collabore avec des partenaires gouvernementaux et non gouvernementaux afin de renforcer la sensibilisation à la santé menstruelle en tant que problème de santé publique mondial.
L’OMS soutient les efforts visant à produire des données et des statistiques afin d’encourager les États Membres et les partenaires à accorder davantage d’attention à la santé menstruelle, à ses résultats et à ses déterminants dans le cadre des politiques nationales de santé, des services et du financement, afin de garantir que les personnes menstruées, dans toute leur diversité, puissent exercer leur droit à la sécurité, à la justice et à la dignité.
Références bibliographiques
- Organisation mondiale de la Santé et Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) (2025). Progrès en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène des ménages 2000–2024 : gros plan sur les inégalités. Organisation mondiale de la Santé. https://iris.who.int/items/1c299c0b-29aa-4c69-8562-99ca0e4d6d3d. License: CC BY-NC-SA 3.0 IGO.
- de Arruda GT, Barbosa-Silva J, Driusso P, Pathmanathan C, Armijo-Olivo S, Avila MA. Worldwide prevalence of dysmenorrhea: a systematic review and meta-analysis across 70 countries. Pain. 2026 Jan 1;167(1):41-55. doi: 10.1097/j.pain.0000000000003768.
- Sinharoy SS, Chery L, Patrick M, Conrad A, Ramaswamy A, Stephen A, Chipungu J, Reddy YM, Doma R, Pasricha SR, Ahmed T, Chiwala CB, Chakraborti N, Caruso BA. Prevalence of heavy menstrual bleeding and associations with physical health and wellbeing in low-income and middle-income countries: a multinational cross-sectional study. Lancet Glob Health. 2023 Nov;11(11):e1775-e1784. doi: 10.1016/S2214-109X(23)00416-3. Epub 2023 Oct 3. Erratum in: Lancet Glob Health. 2023 Dec;11(12):e1862. doi: 10.1016/S2214-109X(23)00507-7.
- World Bank. (n.d.). Menstrual health and hygiene. World Bank. https://www.worldbank.org/en/topic/water/brief/menstrual-health-and-hygiene. Consulté le 15 mai 2026.
[1] Dans cet aide-mémoire, le terme « personnes menstruées » est utilisé de manière inclusive pour désigner toutes les femmes, filles et personnes de genres différents qui ont des menstruations.